Que mettre sur une fiche d'urgence, et surtout quoi laisser de côté
La tentation, en remplissant une fiche d'urgence, est de tout mettre. C'est exactement l'erreur : une fiche trop longue ne se lit pas, et ce qui compte s'y noie. L'objectif n'est pas d'être complet, il est d'être lu en trente secondes par quelqu'un qui ne vous connaît pas.
Voici ce qui mérite d'y figurer, ce qui n'y a pas sa place, et pourquoi.
Le noyau dur
Ces informations changent ce que fait la personne qui vous prend en charge. Elles passent avant tout le reste.
Votre nom et votre date de naissance. L'identification conditionne tout le reste, y compris la possibilité de retrouver un dossier existant.
Vos allergies, avec leur sévérité. Surtout les allergies médicamenteuses : c'est l'information qui évite une erreur dans les premières minutes. Nommez la molécule, pas seulement la marque.
Vos traitements en cours. Un anticoagulant, un traitement pour le cœur, un antidiabétique, un immunosuppresseur. Le nom et la dose suffisent, l'historique n'a pas sa place ici.
Les pathologies qui changent une prise en charge. Diabète, épilepsie, asthme sévère, insuffisance rénale, pacemaker ou autre implant. Le critère est simple : est-ce que quelqu'un qui l'ignore risque de faire un mauvais choix ?
Votre contact d'urgence, avec le lien de parenté. Un numéro seul est deux fois moins utile.
Ce qui est utile en second rideau
Votre groupe sanguin, s'il est connu de façon fiable. Ne l'inventez pas et ne le déduisez pas de mémoire familiale : mieux vaut aucune information qu'une information fausse sur ce point précis.
Votre médecin traitant. Utile pour la suite de la prise en charge, rarement dans l'instant.
Une note libre courte pour ce qui ne rentre dans aucune case : « pacemaker depuis 2021 », « ne parle pas français », « appareil auditif ».
Ce qu'il vaut mieux ne PAS mettre
Vos antécédents complets. Une appendicectomie en 2004 n'aide personne, et chaque ligne inutile éloigne celles qui comptent.
Votre numéro de sécurité sociale ou de mutuelle. Ils ne changent rien dans l'urgence et exposent des données pour rien.
Votre adresse précise. Le bénéfice est faible, le risque de perte ou de vol de l'objet est réel.
Des recommandations de traitement. Écrire ce qu'il faut vous administrer relève de la prescription, et une consigne périmée est dangereuse. Décrivez votre situation, laissez les professionnels décider.
Des abréviations personnelles. Elles ne seront comprises par personne.
La règle de tri
Pour chaque ligne que vous hésitez à ajouter, posez une seule question : est-ce que ça change quelque chose dans l'heure qui vient ?
Si oui, c'est dans le noyau dur. Si non, c'est du contexte qui a sa place chez votre médecin, pas sur une fiche destinée à être lue dans l'urgence par un inconnu.
Une fiche vieillit vite
C'est le point le plus négligé. Un traitement arrêté, un numéro qui change, une allergie découverte depuis : une fiche périmée est plus dangereuse qu'une fiche absente, parce qu'elle inspire confiance.
Fixez une relecture annuelle, le jour de votre anniversaire par exemple. Cinq minutes, une fois par an.
Nous détaillons ce même tri, appliqué au profil Dropward, dans que mettre sur votre profil.