Courir ou rouler seul : comment être identifié si vous ne pouvez pas parler

Le sport en solitaire a un angle mort simple : vous partez sans témoin, et souvent sans rien d'autre qu'un téléphone verrouillé et une clé. Si vous tombez et que quelqu'un vous trouve, cette personne dispose d'un corps, d'une tenue de sport, et de rien d'autre.

Ce n'est pas un article sur les risques de la pratique, ni sur les gestes de premiers secours. C'est la liste de ce qui se prépare avant de partir, pour que le passant qui s'arrête sache quoi faire.

Le problème n'est pas l'alerte, c'est l'identification

On pense spontanément « comment prévenir les secours ». En pratique, ce n'est pas le point faible : sur une route ou un sentier fréquenté, quelqu'un finit par appeler. Ce qui manque ensuite, c'est tout le reste.

Qui êtes-vous. Qui prévenir. Ce qu'il faut savoir sur vous avant de vous prendre en charge. Ces trois informations circulent mal, parce qu'elles vivent en général dans un téléphone verrouillé, dont personne ne connaît le code.

Ce qui marche, et ce qui marche moins bien

Le téléphone. Indispensable, mais ne comptez pas dessus pour vous identifier. Il tombe, il se verrouille, il se décharge, et sa fiche médicale suppose que quelqu'un connaisse le geste pour l'ouvrir. Remplissez-la quand même, c'est gratuit.

Le dossard, en compétition. Souvent le meilleur système existant : un numéro relié à une base d'organisation, avec parfois un cadre au dos pour écrire contact et informations utiles. Le problème est qu'il n'existe que le jour de la course, alors que vous vous entraînez toute l'année.

Le partage de position en direct. Excellent pour vos proches, inutile pour la personne qui vous trouve : elle ne sait pas que ce partage existe. Considérez que ça sert à vous chercher, pas à vous identifier.

Un objet porté sur vous. Objet à scanner collé au dos du téléphone, bracelet gravé, étiquette lacée sur la chaussure, plaque sur le sac. C'est la seule catégorie qui parle directement à celui qui se penche sur vous. En sortie solo, le dos du téléphone a un avantage particulier : l'appareil est déjà sur vous, au brassard, à la ceinture ou dans la poche du maillot, et c'est le premier objet que quelqu'un cherche. Nous avons comparé les supports dans bracelet médical, carte ou Medical ID.

Les quatre informations qui comptent

Dans l'ordre où elles servent :

  • Votre nom. Cela paraît évident, et c'est pourtant ce qui manque le plus souvent.
  • Un contact, avec le lien de parenté. « Julie, sœur » vaut infiniment mieux qu'un numéro seul : la personne qui appelle sait à qui elle s'adresse.
  • Ce qui change une prise en charge. Un traitement anticoagulant, un diabète, une allergie médicamenteuse, un implant. Pas votre dossier complet.
  • Votre groupe sanguin, s'il est connu de façon fiable.

Tout le reste est du confort. Une fiche de deux écrans, personne ne la lit dans ces conditions.

Trois erreurs fréquentes

Mettre le contact d'urgence sous « ICE » dans le répertoire. L'idée était bonne il y a quinze ans, mais un téléphone verrouillé ne montre pas le répertoire. Cela ne sert qu'aux téléphones sans code, c'est-à-dire presque plus aucun.

Compter sur son club ou son groupe. Le jour où ça arrive est justement celui où vous êtes parti seul, ou décroché du groupe.

Écrire des informations qui vieillissent sans les relire. Un numéro qui a changé donne un faux sentiment de sécurité à tout le monde. Une relecture par an suffit.

Pour l'entourage

Deux réflexes valent autant que tout le matériel du monde : dire où vous allez et vers quelle heure vous rentrez, et faire en sorte que la personne que vous désignez comme contact sache qu'elle l'est. Un numéro qui décroche en ne comprenant rien fait perdre de longues minutes.

En résumé

Partez du principe que votre téléphone ne parlera pas pour vous. Ce que vous portez sur vous, et qui se lit sans code ni manipulation, est ce qui fera la différence pour la personne qui s'arrête.

Si vous voulez voir à quoi ressemble une fiche pensée pour être lue par un inconnu en quelques secondes, nous décrivons ce que voit un secouriste.

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